Les dents laides
dans la petite commune de kitsch
j’étais bazardée
là où des soleils de sang flottent en l’air grâce à
l’hélium
L'intime est politique – Revue de sciences humaines et d'arts
dans la petite commune de kitsch
j’étais bazardée
là où des soleils de sang flottent en l’air grâce à
l’hélium
Lorsque je rencontre Anaïs, nous sommes en septembre 2016, elle a 19 ans et entame sa seconde année de Licence de sociologie au sein d’une université parisienne. Elle me donne rendez-vous dans le 15e arrondissement où elle vit. Cette rencontre s’effectue dans le cadre de ma recherche de master portant sur les pratiques alimentaires des jeunes femmes végétariennes. Dans ce contexte, Anaïs se présente d’abord comme « végétarienne depuis un an et végane depuis quatre mois ».
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En Marges : Coralie David, tu as soutenu un mémoire sur la fantasy urbaine en 2008. Qu’est-ce que c’est exactement ?
Coralie David : Disons que là où la fantasy classique s’inspire du Moyen Âge, celle-ci mêle merveilleux et réalité contemporaine, souvent dans un cadre citadin, et se concentre sur la relation entre ces deux sphères. Plus que jamais, ce « genre d’évasion », comme le pensent avec mépris les tenants de la « vraie » littérature, parle de la réalité. Genre de la marge et de l’hybridation, il fait danser les fées sur les toits des usines désaffectées. Oxymore esquissé chez Baudelaire ou Dickens, il mêle merveilleux mythique et réalité crasse, et pose la raison non pas comme le meilleur moyen de l’accès à la compréhension du monde, mais comme un obstacle à une vision complète de celui-ci.
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Au Dr Thomas Mauras, pour les outils de réparation
A Amélie Tehel, pour la précision
A Mélodie Faury, Yosra Ghliss et Marc Jahjah, pour la circulation
Aux dépassements qui s’amorcent, pour l’émancipation
Ce texte a pour origine une communication que j’ai présentée lors du Congrès annuel des Sciences Humaines et Sociales du Canada, à Vancouver, en juin 2019. J’y ai traité du récit de soi comme pratique d’émancipation politique des sujets de la psychiatrie, principalement à partir du texte « Can the subaltern speak ? » de la théoricienne indienne de la littérature Gayatri Chakravorty Spivak.
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L’adolescent leva les yeux de son livre et regarda entrer l’étranger avec une certaine forme de détachement teintée de froideur. La tête légèrement penchée sur la gauche, ses yeux en amande ne cillaient pas et contribuaient à rendre tout visiteur mal à l’aise. Cela expliquait en partie qu’il n’eût plus de visiteur depuis un moment, si ce n’était le personnel soignant.
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Jon Monnard a publié un premier roman, Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique, aux éditions L’Âge d’Homme en 2017. Une bourse littéraire de l’État de Fribourg lui a ensuite permis de mener des recherches pour son second livre. Ce nouvel opus, qu’il vient de terminer, porte sur le séjour que l’écrivain états-unien Scott Fitzgerald et son épouse Zelda ont effectué en Suisse en 1930-31. Pour des raisons de confidentialité, il ne peut pas (encore !) nous livrer son titre. Mais il nous explique dans cette interview avec l’historienne Aude Fauvel pourquoi il s’est intéressé à cette période sombre de la vie du couple, puisque c’est en Suisse, à la clinique de Prangins sur les hauteurs du lac Léman, que Zelda fut internée pour la première fois en 1930.
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Lundi, huit heure et demi. Alice est toujours la première arrivée dans la salle d’activités. Les infirmières la saluent, le weekend s’est bien passé ?
Parfait parfait.
Elles s’énerveront plus tard, après avoir constaté qu’elle a encore diminué. Mais en ce début de matinée, elles lui sourient. Alice a trouvé un endroit où exister. Sur le bureau, elle sort ses crayons, ses carnets pour patienter. Elle attend le moment où Fiona fera son entrée.
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Âtre enclavé d’ordures ou pur purin en purée clastique qu’empire en coulure pyroclastique de mes méninges abstruses, fumeuses vomissures de mes raisonnements ardents entre mes commissures circonscrits, je suis perdu, paumé, prostré, recroquevillé dans un coin obscurément éclairé à la lueur de mon magma cervelet, quand tout à coup la fêlure, la cassure, la fissure, la brutale ouverture, et face à la faille, à défaut d’entrailles, je défaille et m’efface…
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En ce mercredi 16 août 1961, l’ouvrage fait la une des principaux quotidiens montréalais. La Presse en résume le contenu d’un titre cinglant (et quelque peu racoleur) : « Cauchemar : UNE ANNÉE chez les fous »1Jacques Pigeon, « Cauchemar : UNE ANNEE chez les fous », La Presse, 16 août 1961, p. 1..
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Chaque année, nous publierons deux numéros : l’un thématique – c’est le numéro 3, sur les maternités – l’autre Varia, c’est-à-dire composé d’articles et d’œuvres volontairement hétérogènes, voire hétéroclites.
De quoi se compose ce numéro 4 ? De notes de lectures sur les manières de pratiquer le polyamour de manière éthique, d’un entretien fictif – on ne se refait pas – avec Hervé Guibert, d’une bande dessinée sex-positive, d’une étude de la figure érotisée de la nourrice, d’un dialogue mystique érotico-poétique et d’un entretien avec une artiste qui utilise pour créer son sang menstruel.
Il contient aussi deux textes écrits en miroir par des amoureuses (il faut lire d’abord l’un, puis l’autre), le programme d’une conférence en ligne sur l’art, la culture et l’activisme queer et enfin un article sur la mémoire des émeutes de Stonewall dans le mouvement LGBTQ+ français.
Quelques mots, enfin, pour vous remercier de votre soutien moral et financier, qui nous est essentiel, dans la mesure où nous sommes bénévoles et où nous nous refusons à accueillir toute publicité. Pour rappel, vous avez désormais la possibilité de faire un don ponctuel ou bien mensuel.