Pour une lecture d’Ana Mendieta en sorcière queer et écoféministe

Ana Mendieta est une artiste cubano-américaine née en 1948 à La Havane et morte en 1985 à New York. Le Jeu de Paume présentait jusqu’au 27 janvier 2019 l’exposition imaginée par Lynn Lukas et Howard Oransky : « Ana Mendieta. Le temps et l’histoire me recouvrent », offrant ainsi l’opportunité de (re)découvrir le travail puissant et indéniablement moderne de l’artiste.

Performeuse, vidéaste, sculptrice, peintre, photographe, land-artiste, artiste corporelle, Mendieta jouait avec les genres, les courants et les médias artistiques, utilisant tous les moyens de création qu’elle rencontrait. Son œuvre plurielle, inclassable, hybride, peut être vue comme le reflet ou le prolongement de sa propre identité marginalisée, à l’intersection de différentes discriminations. Lire la suite

Une histoire orale navajo féministe ? La séparation des sexes

Enceinte à 37 ans, j’ai décidé de profiter du calme tout relatif offert par le congé maternité pour mener à bien un projet éditorial qui me tenait à cœur : écrire un ouvrage qui familiariserait les petits lecteurs avec la spiritualité navajo. Comment susciter l’intérêt chez les plus jeunes pour une culture souvent réduite aux clichés associés aux Indiens des Plaines mis en scène dans les westerns et films d’animation nord-américains (qu’on songe ainsi à la séquence chantée What makes the Red Man Red ? du Peter Pan sorti en salles en 1953) ? En Europe, ces représentations stéréotypées ont perduré grâce au succès des personnages de bandes-dessinées tels que Oumpah Pah créée par René Goscinny et Albert Uderzo, Yakari (André Jobin, Claude de Ribaupierre) ou plus près de nous, Bison Dodu, de la série Les Papooses publiée de 2004 à 2015 chez Casterman. Lire la suite

Qui est la Féminazi ?

Dans l’ouvrage “Penser la violence des femmes”, il est relaté une partie de l’histoire de femmes violentes, de la chasse aux sorcières jusqu’aux suffragettes, en passant par les tricoteuses. Comment la violence est-elle traitée par le prisme du genre, sachant que ce n’est généralement pas considéré comme étant une caractéristique “féminine” que d’être violent ? Les injonctions sociales valorisent davantage la douceur et la passivité chez les femmes, contrairement aux hommes, qui sont supposés exprimer leur virilité par les poings. Si bien que certaines formes de violences féminines peuvent être passées sous silence ou, a contrario vont être exacerbées, et entourées de tout un imaginaire (notamment visuel), pour tenter de les décrédibiliser et de les humilier. Lire la suite

metro de Mexico (Wikipedia)

Le frotteurisme dans le métro de Mexico : entretien avec Nicolas Balutet

  1. Qu’est-ce que le frotteurisme et pouvez-vous nous expliquer en quoi est-ce un problème dans le métro de Mexico ?

Le frotteurisme désigne une pratique sexuelle consistant pour un homme généralement à frotter ses parties intimes à une femme sans son consentement dans des lieux de promiscuité physique comme les discothèques, les files d’attente et, surtout, les transports publics et, ainsi, obtenir une excitation érotique. Lire la suite

Incarner de nouvelles identités et développer une éducation sexuelle déviante : techniques du corps queer dans les festivals punk-féministes – Louise Barrière

Notamment inspirés du mouvement Riot Grrrl et des Ladyfest1Voir ladyfest.org. américaines, des festivals punk-féministes se développent de part et d’autre de la frontière franco-allemande depuis 2003. Ceux-ci répondent à une organisation en deux temps, entre concerts et fêtes d’une part, et de l’autre ce à quoi nous allons particulièrement nous intéresser ici : débats, discussions et ateliers.

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La Femme qui s'agite en moi

Je suis – Madame de Saint Plaat

8-1
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Beauté ou laideur du sexe féminin : de sa représentation à la nymphoplastie – Claudine Sagaert

Les parties « honteuses »

Dans les peintures et sculptures, de l’Aphrodite du Cnide de Praxitèle (IVe siècle) à la Venus Anadyomène d’Ingres (XIXe siècle), on peut constater que le sexe féminin a le plus souvent été caché par une main, des cheveux, une feuille de vigne, un drapé, ou figuré par un triangle informe laissé totalement lisse1Outre quelques exceptions comme la Vulva de Léonard de Vinci, l’Infâme Vénus de Jean Jacques Lequeu, et la Diane Chasseresse de Houdon..  Or, si l’idéalisation du corps a prévalu, en biffant cette partie de l’anatomie féminine n’était-ce pas en présupposer la laideur tant physique que morale ?  Serait-ce dire alors que les parties dites « honteuses » aient concerné plus spécifiquement la femme que l’homme ? Lire la suite

Illustration n°1 : Les organes génitaux de la femme vus par le docteur André Du Laurens.

Le corps féminin : un corps d’usage social dépossédé ? – Céline Debruille

Qu’est ce que le corps féminin, qu’est ce qu’ « une femme » ?

Durant l’Antiquité, la médecine grecque développée par Hippocrate, Aristote, Avicenne ou Galien considérait que les organes génitaux féminins étaient une inversion des organes génitaux masculins. Dans son ouvrage De l’utilité des parties du corps humain, Claude Galien, médecin grec du IIe siècle de notre ère, considérait que toutes les parties du corps de l’homme se retrouvaient chez la femme, à l’image d’un homme inversé ; « figurez-vous les parties [génitales] qui s’offrent les premières à votre imagination, n’importe lesquelles, retournez en dehors celles de la femme, tournez et repliez dedans celles de l’homme, et vous les trouverez toutes semblables les unes aux autres »1LAQUEUR, Thomas. (1992/2013). La fabrique du sexe. Essai sur le corps en Occident. Paris :Gallimard. (Making sex, body and gender from the Greeks to Freud, 1990). L’ouvrage de Thomas Laqueur a été publié en 1990, traduit en français en 1992 puis réédité en 2013. pp.42..

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Émotions et intersectionnalité : Au corps et au cœur des luttes – Julien Quesne

I have…striven faithfully to give a true and just account of my own life in Slavery…to come to you just as I am a poor Slave Mother—not to tell you what I have heard but what I have seen— and what I have suffered.
– Harriet Jacobs (1861/1987, p. 242)

Ces mots d’Harriet Jacobs ne trompent pas, ils témoignent de sa propre souffrance, celle éprouvée et éprouvante d’une mère, d’une femme noire réduite en esclavage et qui révèle avec force, à partir de ce fragment de mémoire, l’histoire d’un vécu qu’elle ne tient que d’elle-même. Lire la suite

Appel à contributions

Note d’intention

Cette revue appartient aux freaks, aux perver·se·s, aux fainéant·e·s et aux cyniques, aux extrêmes de toute la gauche, aux sorcières, aux malandrin·e·s, à ceux qui se prennent la tête et qui veulent changer le monde.

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