Illustration n°1 : Les organes génitaux de la femme vus par le docteur André Du Laurens.

Le corps féminin : un corps d’usage social dépossédé ? – Céline Debruille

Qu’est ce que le corps féminin, qu’est ce qu’ « une femme » ?

Durant l’Antiquité, la médecine grecque développée par Hippocrate, Aristote, Avicenne ou Galien considérait que les organes génitaux féminins étaient une inversion des organes génitaux masculins. Dans son ouvrage De l’utilité des parties du corps humain, Claude Galien, médecin grec du IIe siècle de notre ère, considérait que toutes les parties du corps de l’homme se retrouvaient chez la femme, à l’image d’un homme inversé ; « figurez-vous les parties [génitales] qui s’offrent les premières à votre imagination, n’importe lesquelles, retournez en dehors celles de la femme, tournez et repliez dedans celles de l’homme, et vous les trouverez toutes semblables les unes aux autres »1LAQUEUR, Thomas. (1992/2013). La fabrique du sexe. Essai sur le corps en Occident. Paris :Gallimard. (Making sex, body and gender from the Greeks to Freud, 1990). L’ouvrage de Thomas Laqueur a été publié en 1990, traduit en français en 1992 puis réédité en 2013. pp.42..

Illustration n°1 : Les organes génitaux de la femme vus par le docteur André Du Laurens.
Illustration n°1 : Les organes génitaux de la femme vus par le docteur André Du Laurens (1600). Histoire anatomique. Francfort. Repéré à URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b2100107b/f18.item.r=anatomie%20femme

A voir l’illustration n°1 suivante, l’anatomie féminine se confond avec l’anatomie masculine. Suivant les explications du docteur André Du Laurens, célèbre médecin qui fut que premier médecin du roi Henri IV, la figure III alors même qu’elle « ressemble quasi au gland de la verge de l’homme »2 DU LAURENS, André. (1714). L’anatomie universelle de toutes les parties du corps humain représentée en figures et exactement expliquée par le célèbre André Du Laurens, revue par M. H, chirurgien juré de S. Cofme. A. Humblot : Paris. P.42. désigne en réalité la matrice de la femme, c’est-à-dire son utérus. Plus encore, suivant l’illustration n°2, les vaisseaux circulatoires de la matrice, et donc de l’utérus, sont appelés les vaisseaux spermatiques des femmes et là encore la similitude avec le sexe masculin, notamment sur la figure IIII, est frappante.

 

 

Mais alors, la femme est-elle un homme inversé ou bien est-ce l’homme qui est une femme inversée ?

Jusqu’au XVIIe siècle, il n’existe qu’un seul sexe correspondant à « la théorie du sexe unique » qui suppose alors que le corps humain parfait est celui de l’homme, la femme étant à contrario un mâle imparfait.

L’inversion physique des corps correspond donc à une logique physiologique rationnelle puisque le tempérament féminin, plus froid, s’oppose au tempérament masculin, plus chaud ; les corps se différencient.

En effet, comme le souligne Elsa Dorlin :

Pour Galien, les femmes et les hommes possèdent les mêmes organes génitaux mais, en raison d’un manque de chaleur inhérent à la physiologie des femmes, leurs organes se trouvent inversés à l’intérieur du ventre. Les ovaires correspondent aux testicules, l’utérus et le vagin, au scrotum. Un excès subit de chaleur, un fossé, un ruisseau à traverser…l’appareil génital descend et la transformation en homme est opérée3DORLIN, Elsa. (2005). Sexe, genre et intersexualité : la crise comme régime théorique. Raisons politiques, n°18,(2), 117-137. doi:10.3917/rai.018.0117. Pp.124.

.

Filles et femmes sont donc considérées comme des « mâles » imparfaits, plus fragiles et donc plus susceptibles de tomber malades. Ainsi, « de l’Antiquité jusqu’à l’âge classique, le corps des femmes est le paradigme du corps malade »4DORLIN, Elsa. (2006). La matrice de la race. Paris : La découverte. Pp.109., manifestant une certaine appréhension du corps féminin, un corps et un sexe « insaissisable ». Cette représentation du corps humain et de la sexualité perdurera jusqu’au XVIe siècle et sera d’ailleurs confortée par la naissance de l’anatomie humaine. En effet, qu’il s’agisse de l’anatomiste imprimeur Charles Estienne ou du chirurgien Ambroise Paré, les organes génitaux féminins sont décrits comme les inversions de l’appareil génital masculin, les ovaires étant définis comme des testicules féminins.

Mais cette imperfection du corps féminin ne conduit-elle pas à sa spécification ? La femme ne devient-elle pas ainsi un sexe, un corps et une nature spécifique, et non plus simplement un homme inversé ?

En effet, dès le XVIIe siècle, s’amorce la question de la spécificité du corps féminin, expliquant ainsi sa différence d’avec le corps masculin. Pour ce faire, de nombreux savants vont souligner l’importance de la procréation, réduisant ainsi le corps féminin à sa matrice. Fort de ces constats, le XVIIIe siècle sera le théâtre de l’expansion de la « nature féminine » ; à cette époque « la théorie du sexe unique » est remplacée par la théorie de « l’incommensurabilité des sexes »5Voir à ce sujet LAQUEUR, Thomas. (1992/2013). La fabrique du sexe. Essai sur le corps en Occident. Paris : Gallimard. (Making sex, body and gender from the Greeks to Freud, 1990)., qui repose sur un certain différentialisme égalitaire. Défini par Jean-Jacques Rousseau dans le livre V « Sophie ou la femme », de son ouvrage Émile ou De l’éducation, le différentialisme égalitaire suppose : « en ce qu’ils [les femmes et les hommes] ont de commun, ils sont égaux ; en ce qu’ils ont de différent, ils ne sont pas comparables »6ROUSSEAU, Jean-Jacques.  (1762). Émile ou de l’éducation. (Livre V). Paris : Garnier. Pp.6.. Ainsi, alors que jusqu’au XVIIe siècle, on parlait d’un « sexe unique », où les parties génitales des femmes étaient des parties génitales masculines inversées ; le XVIIIe et plus largement le XIXe siècle vont contribuer à façonner des vérités accablantes sur les aptitudes tant physiques qu’intellectuelles et morales des filles et des femmes, assimilées à des mâles imparfaits. C’est dans ce contexte que la « mise en nature » et la « mise en discours » du corps féminin apparaissent, dorénavant « la femme est femme bien au-delà de ses organes génitaux »7PEYRE, Évelyne., WIELS, Joëlle. (1995). De la « nature des femmes » et de son incompatibilité avec l’exercice du pouvoir : le poids des discours scientifiques depuis le XVIIIe siècle. Dans E. Viennot (dir.), La Démocratie « à la française » ou les femmes indésirables, ( pp.127-157 + planches). Paris : Presses de l’Université de Paris VII. Pp. 130.7. Une « mise en nature » du corps féminin qui va ainsi favoriser une « mise en discours » de ce même corps en vue de le stigmatiser, ayant ainsi pour conséquence « de remplacer l’imperfection des femmes par de l’infériorité »8PEYRE, Évelyne., WIELS, Joëlle. (1995). De la « nature des femmes » et de son incompatibilité avec l’exercice du pouvoir : le poids des discours scientifiques depuis le XVIIIe siècle. Dans E. Viennot (dir.), La Démocratie « à la française » ou les femmes indésirables, ( pp.127-157 + planches). Paris : Presses de l’Université de Paris VII. Pp.127. Et LAUFER, Laurie., ROCHEFORT, Florence. (Dir). (2014). Qu’est ce que le genre ?. Paris : Payot. Pp.49. se fondant principalement sur des critères biologiques. La femme n’est donc plus ce « mâle » imparfait, cet homme inversé, elle est un être spécifique, possédé par une nature féminine elle aussi spécifique.

Comment s’est construite cette infériorité du corps féminin, cette spécificité féminine ?

Les principaux « constructeurs » de cette nature féminine en France aux XVIIIe et XIXe siècles sont le docteur Pierre Roussel avec son ouvrage Système physique et moral de la Femme, publié en 1775 ; le docteur Jacques-Louis Moreau avec son ouvrage Histoire naturelle de la Femme, publié en 1803 ; et le docteur Julien-Joseph Virey avec son ouvrage Histoire naturelle du genre humain publié en 1801. Le docteur Virey jouera par ailleurs un rôle majeur dans la construction de cette nature féminine puisqu’il sera l’un des créateurs du Dictionnaire des Sciences médicales9Voir http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/?fille=c&cotemere=47661, véritable encyclopédie du corps humain (et de la morale) en soixante volumes (désormais numérisés). Ce Dictionnaire, publié de 1812 à 1822, déborde largement le domaine médical à proprement parler. Premier dictionnaire encyclopédique médical, il s’impose comme ouvrage de référence et marque les prémisses d’un savoir sur les sexes. Il vient rajeunir et moderniser une longue tradition de sujétion féminine, fruit des conceptions antérieures notamment celles développées par les discours scientifiques du XVIIe siècle.

Rédigé par le Docteur Virey10Il s’imposera dans le Dictionnaire des Sciences Médicales comme l’expert des questions féminines puisqu’il est aussi l’auteur de l’article sur la fille., l’article sur la femme se caractérise par son ambiguïté. La confusion plane sur cet article, d’une part, entre le physique (biologique) et le moral, et d’autre part, entre le normal et le pathologique (confusion très féminine). Ainsi, à sa lecture, on comprend que les femmes sont déterminées par leur constitution physique, une constitution qui imprègne leur moralité et leur état maladif permanent. D’après le Docteur Virey, le mot femme vient du latin foemina, terme qui lui-même vient du latin foetare, c’est à dire fœtus ; car pour la femme, « sa destination naturelle est d’engendrer »11Dictionnaire des Sciences Médicales, 1815, Vol.14, p.503. . À la question, « qu’est-ce que donc que la femme ? », ce dernier répond qu’elle est « la tige essentielle de notre espèce »12Ibid., comme toute femelle, elle détient en elle la matrice originelle de la reproduction.

Illustration n°2 : L’utérus vu par le docteur André Du Laurens.
Illustration n°2 : L’utérus vu par le docteur André Du Laurens (1600). Histoire anatomique. Francfort. Repéré à URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b2100107b/f20.item.r=anatomie%20femme

Mais comment peut-on expliquer le lien entre la construction « scientifique », médicale, d’une « nature féminine » et la différenciation sociale des sexes ? Comment cette « nature féminine » va-t-elle déterminer socialement les femmes et les filles dans des rôles sociaux définis, encadrés, différenciés de ceux des hommes et des garçons ?

Suivant la lecture « inversée » des femmes et des hommes, les savants du Dictionnaire vont souligner la spécificité des femmes, celle-là même qui les distingue biologiquement, médicalement et donc « scientifiquement » des hommes. En effet, contrairement aux hommes, dont le haut du corps semble plus développé, notamment en raison de leur plus grande capacité crânienne qui sous-entend un niveau intellectuel plus développé ; les femmes, à l’image d’une pyramide, présentent au contraire un bas du corps plus développé, à « la chair tendre et molle, à cause du grand développement de son tissu cellulaire et graisseux »13Dictionnaire des Sciences Médicales, 1815, Vol.14, p. 543. Ces différences de constitution physique correspondent, d’après les savants de l’époque et notamment du Dictionnaire, aux fonctions de chaque sexe, et ne constituent pas à elles seules de véritables oppositions entre les hommes et les femmes, mais révèlent au contraire une certaine complémentarité.

L’homme est destiné par la nature au travail, à l’emploi des forces physiques, à l’usage de la pensée, à se servir de la raison et du génie pour soutenir la famille dont il doit être le chef ; la femme à qui le dépôt de la génération devait être confié, avait besoin d’un bassin spacieux qui se prêtât à la dilatation de la matrice pendant la grossesse, et au passage du fœtus dans l’accouchement. 14Dictionnaire des Sciences Médicales, 1815, Vol.14, p. 543

D’ailleurs, cette complémentarité des sexes avait déjà été évoquée par Jean-Jacques Rousseau en 1762, où il soulignait que « l’un doit être actif et fort, l’autre passif et faible »15ROUSSEAU, Jean-Jacques.  (1762). Émile ou de l’éducation. (Livre V). Paris : Garnier. Pp.6. Et c’est justement en raison de cette complémentarité « biologique » et « physique » des sexes, que l’égalité entre les hommes et les femmes ne semble pour l’époque pas envisageable, car chacun doit respecter et se satisfaire de la place que la nature lui accorde. Aussi, le Docteur Virey dans sa définition de la femme souligne que :

Quelles que soient les raisons alléguées par les partisans de l’égalité des deux sexes, et bien qu’une éducation plus mâle, des exercices plus forts, puissent augmenter la vigueur physique et morale de la femme, elle ne peut pas être assimilée à l’homme sous ce rapport, malgré le divin Platon.16Dictionnaire des Sciences Médicales, 1815, vol.14, p. 505. Il est fait référence ici à l’ouvrage de Platon, République, où il donne aux femmes les mêmes exercices qu’aux hommes.

Ainsi différenciées, les femmes se voient alors prescrites dans un rôle essentiellement maternel. Un assujettissement maternel qui n’est pas sans servir un pouvoir politique puisque beaucoup de ces savants sont engagés politiquement, à l’image de Paul Broca qui abandonnera en 1880 ses activités de médecin anthropologue pour le Sénat où il sera nommé « rapporteur de la loi sur l’instruction secondaire des jeunes filles »17PEYRE, Évelyne., WIELS, Joëlle. (1995). De la « nature des femmes » et de son incompatibilité avec l’exercice du pouvoir : le poids des discours scientifiques depuis le XVIIIe siècle. Dans E. Viennot (dir.), La Démocratie « à la française » ou les femmes indésirables, (pp.127-157 + planches). Paris : Presses de l’Université de Paris VII. Pp.151.. Rien d’étonnant alors de constater que la Troisième République octroie l’instruction aux jeunes filles en raison du rôle de mère, et donc d’éducatrice, des futur-e-s citoyen-ne-s. L’infériorité des femmes (et par extension des filles) ne peut donc leur ouvrir les portes de la reconnaissance sociale autrement que dans leur rôle unanimement admis de mère.

Mais alors pourquoi parler ici du corps féminin comme étant un corps d’usage social dépossédé ?

Les représentations savantes et sociales, présentées plus haut, vont alimenter un imaginaire collectif puissant autour des questions de féminité et de masculinité puisque, comme l’observent Évelyne Peyre et Joëlle Wiels, « c’est donc au XVIIIe siècle que les savants inventent le sexe tel que nous le connaissons aujourd’hui, c’est à dire imprégnant tout le corps »18PEYRE, Évelyne., WIELS, Joëlle. (1995). De la « nature des femmes » et de son incompatibilité avec l’exercice du pouvoir : le poids des discours scientifiques depuis le XVIIIe siècle. Dans E. Viennot (dir.), La Démocratie « à la française » ou les femmes indésirables, (pp.127-157 + planches). Paris : Presses de l’Université de Paris VII. Pp.131. Et LAUFER, Laurie., ROCHEFORT, Florence. (Dir). (2014). Qu’est ce que le genre ?. Paris : Payot. Pp.53. .

Les récents mouvements #Balancetonporc, #Metoo, Times Up… témoignent des discriminations faites aujourd’hui, à travers le monde, aux filles et aux femmes19Une étude publiée dans le magazine scientifique « The Lancet » révèle qu’en Inde 239 000 fillettes meurent chaque année à cause des discriminations sexistes. Christophe Guilmoto, démographe français et un des auteurs de l’étude, précise qu’en Inde, qui est déjà connue pour sa sélection des naissances, « la discrimination fondée sur le sexe ne les empêche pas seulement de naître, elle peut aussi précipiter la mort de celles qui sont nées », en cause, une discrimination dans la répartition des soins médicaux et de la nourriture. Voir : Rédaction de LCI. (2018, 15 mai). Inde : 239 000 fillettes meurent chaque année à cause des discriminations sexistes. LCI. https://www.lci.fr/international/inde-239-000-fillettes-meurent-chaque-annee-a-cause-des-discriminations-sexistes-2087376.html, les définissant ainsi comme des corps, le plus souvent sexualisés, y compris si l’on élargit la perspective20Récemment un reportage du Journal télévisé de France 2 a révélé l’existence d’une « garantie sans grossesse » dans les dossiers de femmes sri-lankaises qui partent travailler comme domestiques dans les pays du Golfe, pour ce faire, un contraceptif leur est injecté parfois à leur insu. Ce contraceptif puissant serait utilisé officiellement pour éviter des rapatriements coûteux en cas de grossesse, mais les différents témoignages révèlent l’existence d’un usage sexuel du corps de ces femmes, avec de nombreux cas de harcèlements sexuels et/ou de viols, dont la prise du contraceptif limiterait les risques de grossesse. Voir : Bertrand, M. Steinbach, M. Pateriya, R. (2018, 23 mai). Sri-Lanka : Salariées « garanties sans grossesse ». [Reportage]. JT de 20h (France 2). Paris : France Télévision. https://www.francetvinfo.fr/societe/violences-faites-aux-femmes/sri-lanka-salariees-garanties-sans-grossesse_2766515.html . Ils révèlent la banalisation des diverses discriminations et agressions, notamment sexuelles, faites aux filles et aux femmes. Par leur ampleur et leur universalisme, ils indiquent qu’il ne s’agit pas de déviances marginales, de comportements individuels isolés, mais bien de comportements sociaux parfaitement intériorisés. Comme le soulignait Émile Durkheim, le fait social se définit par « un ordre de faits qui présentent des caractères spéciaux : ils consistent en des manières d’agir, de penser et de sentir, extérieures à l’individu, et qui sont douées d’un pouvoir de coercition en vertu duquel ils s’imposent à lui »21DURKHEIM, Émile. (1894). Le crime un phénomène normal. Dans Denis Szabo et André Normandeau (Dir.), Déviance et criminalité (Collection U2, p.76-82). Paris : Armand Colin. Pp.19. http://classiques.uqac.ca/classiques/Durkheim_emile/crime_phenomene_normal/crime_phenomene_normal.html. Ainsi, le fait social se définit par une forme de répétition contrairement aux comportements individuels.

Ces mouvements, par leur étendue, par leur répétition, par le nombre important de témoignages qu’ils impliquent, confortent l’idée que nous avons affaire à un fait social et non à des comportements individuels isolés. Un fait social qui témoigne que le corps des filles et des femmes ne dispose toujours pas de reconnaissance légitime, propre, mais qu’il est assujetti à une fonction sociale, essentialisante, qui empêche la reconnaissance des discriminations et des agressions faites à ce même corps.

Sur le fond, ces mouvements nous invitent, tous et toutes, à nous interroger sur le monde dans lequel nous vivons actuellement. Ce déferlement de témoignages de filles et de femmes, jusque sur les marches du festival de Cannes et dans d’autres lieux publics, racontant alors comment elles ont été victimes, victimisées, ramenées brutalement dans leur corps de « femme », nous indique la difficulté encore prégnante à accepter « la femme » comme étant un individu doué de capacité, intellectuelle, physique, morale…, égale, identique, semblable à « l’homme ». Et de fait, nous témoigne de l’importance de notre héritage social, culturel, historique, qui a massivement contribué à façonner ce corps féminin à son image, un corps d’usage social dépossédé.

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