main tenant une maison

Il était une fois une maison rêvée

Ce texte a été écrit en mai 2023, après une expérience vécue dans une association universitaire féministe, aujourd’hui dissoute. Plus que d’adresser des événements spécifiques ou une structure en particulier, ce texte avait été à l’époque un moyen de crier ce qui était étouffé : l’expérience racisée dans les espaces féministes, queers, militants blancs.

Son titre est tiré du roman de Carmen Maria Machado, Dans la maison rêvée

Il était une fois une maison rêvée. 

J’ai passé quelque temps à l’admirer de loin jusqu’à ce qu’on m’invite enfin à y rentrer. Viens, viens, bien sûr que tu peux rentrer, elle est faite pour toi ! C’est vrai que c’est marqué au-dessus de la porte « cette maison est pour vous », vous qui n’êtes pas l’ennemie, vous qui n’êtes pas le monstre. Enfin, je pourrais faire autre chose qu’assurer ma survie. Je ressens une joie qui m’était inconnue jusqu’ici. Mais le pas de la porte est étroit, les marches très hautes et j’ai dû mal à suivre la maîtresse de maison à l’intérieur. J’y arrive, non sans peine, mais j’y arrive.

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Devenir-queer, un brand-new mode de vie?

Que veut dire ami, quand il devient personnage conceptuel, 
ou condition pour l’exercice de la pensée?

Deleuze et Guattari, Qu’est-ce que la philosophie?

L’amitié foucaldienne comme mode de vie

L’amitié telle que définie par Michel Foucault dans l’interview « De l’amitié comme mode de vie », propose une vision de l’amitié qui échappe aux modèles traditionnels de relations. Accordé au journal Gai Pied1Gai Pied est un journal français gay, fondé par Jean Le Bitoux, un journaliste et militant LGBT de renom. L’origine du nom du magazine remonte à une suggestion de Michel Foucault lui-même. Le choix du titre repose sur un jeu de mots entre «guêpier» et «gai pied », symbolisant la détermination du magazine à subvertir les normes sociales établies. Comme l’a souligné Foucault, l’intention était de jouer sur les mots pour évoquer l’idée de prendre un gay pied dans la société tout en empechant le guepier des ghettos. Cette volonté de défier les stéréotypes et d’encourager l’émancipation des personnes LGBTQ+ caractérise l’esprit novateur et engagé de la magazine. Favereau, Eric. (2010) « Jean Le Bitoux, militant de la mémoire gay », article publié dans Libération et disponible en ligne à l’adresse : [https://www.liberation.fr/societe/2010/04/30/jean-le-bitoux-militant-de-la-memoire-gay_623516 ] (consulté le 3 novembre 2019). en avril 1981, cet entretien explore comment les relations amicales, abordées de façon presque queer, remettent en question les normes établies suivant une approche similaire à celle qu’il a adoptée pour examiner la sexualité et la folie. Il explore les interactions amicales dans un contexte socialement non normatif.

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Normativité queer. Echange avec Pierre Niedergang

En avril 2023 sortait le livre Vers la normativité queer de Pierre Niedergang. En pensant la fabrication de nouvelles normes à l’intérieur de la pensée queer, l’auteur nous offre une autre manière de penser politiquement les normes pour construire de nouvelles façons d’être et de faire société. Suite à la lecture de son ouvrage, ludi demol defe s’est entretenu·e avec l’auteur afin de dégager et transmettre quelques idées clés de son travail. Cet article vise à rendre compte de cet échange.

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Photographe féministe. Entretien avec Juliette Lancel

  • Peux-tu te présenter et nous dire quelques mots de ton parcours ?

Eh bien je m’appelle Juliette Lancel et tiens à dire que cet entretien est un abus éhonté de biens sociaux puisque je suis la fondatrice d’En Marges ! Pour ma défense, je ne suis pas que cela. Je pratique aussi la photographie et la recherche en histoire et en études de genre.

  • Comment en es-tu arrivée à la photographie ? 

Il s’agit d’un héritage familial : mon arrière-grand-père était inventeur d’appareils photo et a transmis le virus à ma grand-mère, qui m’a elle-même contaminée en m’offrant mon premier appareil. J’ai commencé à me tourner vers une pratique artistique à 17 ans, envisagé un temps après ma prépa de tenter les Gobelins et puis je suis restée sur des études d’histoire, mon autre passion. 

Aujourd’hui, tout s’est inversé, puisque je fais de la photo pour payer mon loyer et de la recherche pour le plaisir. 

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Devenir une femme comme les autres ?

Les rites de passage découlent d’une théorie anthropologique du début du XXᵉ siècle. Théorisée par Arnold Van Gennep, elle s’attarde sur le changement de statut social d’une personne donnée via divers rituels1 Turner, V. (1990). Le phénomène rituel : structure et contre-structure. Paris: PUF. Ils sont toujours composés de trois phases, survenant toujours dans le même ordre. La première étape, dite phase de séparation ou préliminaire, renvoie à la période durant laquelle une personne quitte son ancienne classe sociale. La seconde partie, appelée phase de marge ou liminaire, s’attarde sur l’intervalle où une personne se retrouve entre deux statuts fixes, dans un environnement hors normes. Enfin, le dernier stade, nommée phase d’agrégation ou postliminaire, apparaît quand la personne rejoint son nouveau groupe social2Van Gennep, A. (1981) [1909]. Les rites de passages. Paris: A. et J. Picard..

Les rites de passage peuvent servir à analyser la trajectoire des personnes trans3Bolin, A. (1988). In serach of Eve : Transexual rites of passage. Bergin & Garvey.. En effet, la transition des personnes trans peut être étudiée à travers le prisme des rites de passage. Par le biais de divers rituels, tels que les Coming-Out, les modifications corporelles, le changement de prénom, de pronom et/ou les changements de statut social à l’état civil, une personne trans va être amenée à changer de groupe genré. Passant par exemple d’un statut d’homme à femme. Dans cette optique, le statut trans peut être un stade transitoire entre les deux classes cisgenres, homme et femme4Bolin, A. (1988). In serach of Eve : Transexual rites of passage. Bergin & Garvey.. Toutefois, comme l’explique Victor Turner, certaines personnes préfèrent rester dans la phase liminaire que de rejoindre le stade postliminaire5Turner, V. (1990). Le phénomène rituel : structure et contre-structure. Paris: PUF. Le rapport à la liminarité est central pour comprendre l’évolution des personnes trans à travers leurs transitions. Via une courte réflexion biographique, je vais analyser mon rapport à la classe féminine par le truchement de la liminarité et la postliminarité6Dormeau, L. (2021). Habiter l’instabilité, vivre dans les interstices du monde. En Marges !, 7, pp 4-7. https://enmarges.fr/2021/12/15/habiter-linstabilite-vivre-dans-les-interstices-du-monde/amp/.

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Dessin, tendresse et radicalité

Longtemps j’ai participé à des ateliers de dessin d’après modèle sans questionner cette pratique. Le dessin d’après modèle est souvent considéré comme un exercice technique de représentation dite “objective”. Dans ces ateliers, les corps seraient a-sexualisés et a-politique. Le genre reste non interrogé : dans une vision naturaliste et binaire du genre, la personne qui pose est soit un homme, soit une femme, selon son anatomie. Aujourd’hui mon approche est politique. Je dessine et dessine encore – jusqu’à saturer mon profil Instagram – je pose et j’organise des ateliers de dessin, principalement Modèle vivant.e1Modèle vivant.e est un atelier transféministe de dessin et de représentation des corps dissidents, créé l’été 2019 avec Linda DeMorrir et Lucie Camous.

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Sur la route

Je jette mon sac dans le coffre sur un tas de bric-à-brac entassé rapidement. Six-cent kilomètres à faire avec la fatigue du déménagement. Seule. Ça sent l’humidité du Nord, les briques rouges de la ville, ça sent le week-end et l’anxiété des dernières nouvelles à la radio.

Un mois que je ne l’ai pas vue. Un mois qu’Elle me manque tous les jours, trois fois par jour. Un mois qu’on se dit qu’on s’aime à distance sans pouvoir se toucher. C’est long un mois d’amoureuses. Du coup je vais définitivement les rouler ces six-cent bornes. 

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Dans la cuisine

J’épluche des légumes. J’épluche des kilos de légumes. Je songe déjà à ce que je vais en faire, comment je vais les découper, les cuire, les assaisonner, les assembler. Tout ça va être bon. Je rêvasse. Je me coupe un petit peu. 

Le monde s’angoisse, mais moi je coupe mes légumes. Les odeurs des plats du jour flottent dans la cuisine. On se prépare, mais je sais qu’il n’y aura pas grand-monde. Comme hier en fait. Les annonces de jeudi ont fait fuir les clients. La patronne pensait que beaucoup voudraient profiter de ce dernier week-end avant d’avoir les enfants à la maison, sortir, vivre. Je ne crois pas que les gens du coin réagissent à l’angoisse par des pulsions de vie. Je présume plutôt qu’ils sont dans la pulsion de consommation, en train de faire des réserves dans les supermarchés. 

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Arts, Cultures et Activismes LGBTI et Queer – Conférence en ligne

Organisée par Mélodie Marull et Louise Barrière, deux chercheuses de l’Université de Lorraine, la conférence internationale « Arts, Cultures et Activismes LGBTI et Queer » se veut un événement permettant de penser des passerelles entre recherche universitaire et militantisme LGBTIQ de terrain. Organisé à distance au mois de Juin 2020, l’événement réunit sur son site internet les contributions de chercheurs, chercheuses et militant·e·s venu·e·s de France, d’Allemagne ou encore des États-Unis pour discuter des cultures LGBTI et queer. 

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