Qui est la Féminazi ?

Dans l’ouvrage “Penser la violence des femmes”, il est relaté une partie de l’histoire de femmes violentes, de la chasse aux sorcières jusqu’aux suffragettes, en passant par les tricoteuses. Comment la violence est-elle traitée par le prisme du genre, sachant que ce n’est généralement pas considéré comme étant une caractéristique “féminine” que d’être violent ? Les injonctions sociales valorisent davantage la douceur et la passivité chez les femmes, contrairement aux hommes, qui sont supposés exprimer leur virilité par les poings. Si bien que certaines formes de violences féminines peuvent être passées sous silence ou, a contrario vont être exacerbées, et entourées de tout un imaginaire (notamment visuel), pour tenter de les décrédibiliser et de les humilier. Lire la suite

Non mais sur toi, c’est joli – Kiyémis

Suis-je censée te sourire,
Embrasser tes blessures,
Balayer tes angoisses intérieures ?

Quand, submergée par la frayeur,
Tu me cries que mon corps
Incarne le pire de tes cauchemars ?

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De la culture du viol dans la littérature libertine du XVIIIe siècle – Roxane Darlot-Harel

On sait que l’art européen du XVIIIè siècle est très marqué par la sexualité et l’érotisme. Cependant, sous prétexte qu’il s’agit d’art, on a parfois tendance à esthétiser le propos et à nier qu’il puisse avoir une autre portée. C’est ce que vous récusez en travaillant sur la culture du viol dans la littérature de la période. Vous essayez de montrer que ce n’est pas qu’un phénomène contemporain et que l’on peut bien parler de culture du viol au siècle des Lumières aussi.

Tout à fait, et j’irais même jusqu’à dire que le XVIIIe siècle a eu un rôle éminent dans l’histoire de la culture du viol. Lire la suite

metro de Mexico (Wikipedia)

Le frotteurisme dans le métro de Mexico : entretien avec Nicolas Balutet

  1. Qu’est-ce que le frotteurisme et pouvez-vous nous expliquer en quoi est-ce un problème dans le métro de Mexico ?

Le frotteurisme désigne une pratique sexuelle consistant pour un homme généralement à frotter ses parties intimes à une femme sans son consentement dans des lieux de promiscuité physique comme les discothèques, les files d’attente et, surtout, les transports publics et, ainsi, obtenir une excitation érotique. Lire la suite

Nataraja - Juliette Lancel

Ne plus taire la puissance des femmes – Lou Dimay

 « Au cours de l’ère victorienne, des médecins répandent l’idée que chez une femme un fort appétit sexuel est un symptôme de maladie. Ils inventent alors le mot « nymphomane » pour désigner ce qui leur semble anormal et pathologique : l’expression du désir1Source : Nymphomane: mythe ou réalité ? http://sexes.blogs.liberation.fr/2008/12/08/nymphomane-myth/. »

Lucie a toujours un coup d’avance, elle prend les devants sur tout, même sur ce qui n’arrive pas, sur ce dont on n’a pas besoin, sur ce dont on n’a même pas le temps d’avoir besoin. Elle domine le réel par le coup d’avance. Par son rythme qu’elle imprime sur les choses et les êtres. Elle tue les désirs, les envies. Ceux des autres. Et elle fige les siens en anticipant. Elle tourne en rond en elle-même. Le désir ne la projette plus vers l’extérieur, il est ressassement. Il est violence envers elle et envers les autres, autour. Il n’aboutit pas, privé de jouissance.

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Incarner de nouvelles identités et développer une éducation sexuelle déviante : techniques du corps queer dans les festivals punk-féministes – Louise Barrière

Notamment inspirés du mouvement Riot Grrrl et des Ladyfest1Voir ladyfest.org. américaines, des festivals punk-féministes se développent de part et d’autre de la frontière franco-allemande depuis 2003. Ceux-ci répondent à une organisation en deux temps, entre concerts et fêtes d’une part, et de l’autre ce à quoi nous allons particulièrement nous intéresser ici : débats, discussions et ateliers.

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Beauté ou laideur du sexe féminin : de sa représentation à la nymphoplastie – Claudine Sagaert

Les parties « honteuses »

Dans les peintures et sculptures, de l’Aphrodite du Cnide de Praxitèle (IVe siècle) à la Venus Anadyomène d’Ingres (XIXe siècle), on peut constater que le sexe féminin a le plus souvent été caché par une main, des cheveux, une feuille de vigne, un drapé, ou figuré par un triangle informe laissé totalement lisse1Outre quelques exceptions comme la Vulva de Léonard de Vinci, l’Infâme Vénus de Jean Jacques Lequeu, et la Diane Chasseresse de Houdon..  Or, si l’idéalisation du corps a prévalu, en biffant cette partie de l’anatomie féminine n’était-ce pas en présupposer la laideur tant physique que morale ?  Serait-ce dire alors que les parties dites « honteuses » aient concerné plus spécifiquement la femme que l’homme ? Lire la suite

Illustration n°1 : Les organes génitaux de la femme vus par le docteur André Du Laurens.

Le corps féminin : un corps d’usage social dépossédé ? – Céline Debruille

Qu’est ce que le corps féminin, qu’est ce qu’ « une femme » ?

Durant l’Antiquité, la médecine grecque développée par Hippocrate, Aristote, Avicenne ou Galien considérait que les organes génitaux féminins étaient une inversion des organes génitaux masculins. Dans son ouvrage De l’utilité des parties du corps humain, Claude Galien, médecin grec du IIe siècle de notre ère, considérait que toutes les parties du corps de l’homme se retrouvaient chez la femme, à l’image d’un homme inversé ; « figurez-vous les parties [génitales] qui s’offrent les premières à votre imagination, n’importe lesquelles, retournez en dehors celles de la femme, tournez et repliez dedans celles de l’homme, et vous les trouverez toutes semblables les unes aux autres »1LAQUEUR, Thomas. (1992/2013). La fabrique du sexe. Essai sur le corps en Occident. Paris :Gallimard. (Making sex, body and gender from the Greeks to Freud, 1990). L’ouvrage de Thomas Laqueur a été publié en 1990, traduit en français en 1992 puis réédité en 2013. pp.42..

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