Cher·e Éducation à la sexualité

Mon ami·e, toi qui es si souvent méprisé·e,

Tu attires les haters et les boomers, celleux qui refusent de voir la société évoluer, celleux qui s’opposent à toi sans chercher à te comprendre. Celleux qui disent que « tu pervertis », « tu endoctrines », et qu’il faudrait « laisser les personnes apprendre par elleux-mêmes », mais surtout, « contrôler le plaisir féminin » et « ne pas faire de théorie du genre ».

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Judy Chicago : enseigner et créer en féministe

Judy Chicago (née en 1939) est une artiste majeure du féminisme américain dont la contribution pionnière à ce mouvement passe par ses créations et enseignements artistiques. En 1970, elle crée le premier programme d’études féminines dans le département d’art de l’université d’État de Fresno, en réponse à son propre statut dévalorisé de femme artiste 1Judy Chicago, « Feminist Art Education. Made in California », in Entering the picture: Judy Chicago, the Fresno Feminist Art Program, and the collective visions of women artists,  Jill Fields (éd.), New York, Routledge, coll.« New directions in American history », 2012, p. 101. Judy Chicago écrit : « As I wrote in my first autobiographical book, Through the Flower, My Struggle as a Woman Artist, I started the Feminist Art Program in Fresno because, as a result of my own struggle, I suspected that the reason women had trouble realizing themselves as artists was related to their conditioning as women. I had found that society’s definition of me as a woman was in conflict with my own sense of personhood (and, after all, it is a person who makes art). ». Son but est alors de légitimer les étudiantes dans la poursuite de leur carrière artistique, alors même qu’elles souffrent d’un manque de soutien et de reconnaissance dans les institutions et écoles d’art. En 1971, Chicago développe – avec l’artiste Miriam Schapiro – le Feminist Art Program au très avant-gardiste California Institute of Arts (Cal Arts). Cette étape cruciale dans le développement de la pédagogie féministe de Chicago aboutit, du fait de l’intérêt que ce programme suscite auprès des étudiantes qui y sont inscrites, à la production de la première installation d’art féministe intitulée « WomanHouse ». Cet espace d’exposition et de création présente les travaux et les performances des étudiantes du programme ainsi que d’autres artistes californiennes au mois de février 1972. En 1973, Chicago fonde avec l’historienne de l’art Arlene Raven et l’artiste Sheila Levrant de Brettville le Woman’s Building, premier centre d’éducation artistique féministe, actif jusqu’en 1991. C’est au regard de ces évènements, marqueurs historiques, que cet article se propose d’exposer les principaux fondements de la pédagogie féministe de Chicago, pionnière de l’enseignement artistique féministe en Californie dans la décennie 1970. Ses initiatives ont servi d’incubateurs de vocations artistiques et d’éveil au féminisme pour toute une génération de femmes. 

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Allaitements à la mode médiévale : amour et nature, mère et nourrice

Le métier de nourrice est un des plus vieux métiers au monde. En effet, depuis la plus haute Antiquité, bien des mères n’ont pu nourrir leurs enfants et d’autres les ont remplacées, assumant une responsabilité majeure : de leurs soins nourriciers dépendaient non seulement la survie du tout-petit. Cet article s’intéresse à la période XIIIe-XVe siècles avec des sources provenant essentiellement d’Italie, de France et d’Espagne. Il s’agit de vous donner ici un petit aperçu de la condition des femmes qui ont exercé ce dur métier. 

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Un extrait de La Commune au présent, de Ludivine Bantigny

L’historienne Ludivine Bantigny nous fait le plaisir de partager avec En Marges ! l’une des lettres aux Communeux·ses issues de son livre La Commune au présent. Une correspondance par-delà le temps. (La Découverte, 2021).

Votre détresse au Mont-de-Piété

À Amélie Defontaine

J’ai retrouvé tes mots adressés à la mairie du XVIIe arrondissement – tes mots évidemment émouvants. Avec ton mari, depuis plusieurs mois sans travail, vous aviez déposé votre matelas au Mont-de-Piété, il y un an et demi déjà. Tu le dis : ce serait une grande peine pour vous qu’il soit vendu. Mais il est toujours là, tu l’as vu. Vous voudriez le reprendre bien sûr – et vous espérez de la Commune pour cela. On n’ose imaginer comment alors vous dormez, vous vivez. Ou bien on l’imagine hélas, au contraire1Lettre de Defontaine, Lettre, 1er avril 1871, Archives de Paris VD3 13..

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Entendre crier les fous (Montréal, 1961)

En ce mercredi 16 août 1961, l’ouvrage fait la une des principaux quotidiens montréalais. La Presse en résume le contenu d’un titre cinglant (et quelque peu racoleur) : « Cauchemar : UNE ANNÉE chez les fous »1Jacques Pigeon, « Cauchemar : UNE ANNEE chez les fous », La Presse, 16 août 1961, p. 1..

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Zelda et Scott Fitzgerald : une histoire d’amour et de folie en Suisse

Jon Monnard a publié un premier roman, Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique, aux éditions L’Âge d’Homme en 2017. Une bourse littéraire de l’État de Fribourg lui a ensuite permis de mener des recherches pour son second livre. Ce nouvel opus, qu’il vient de terminer, porte sur le séjour que l’écrivain états-unien Scott Fitzgerald et son épouse Zelda ont effectué en Suisse en 1930-31. Pour des raisons de confidentialité, il ne peut pas (encore !) nous livrer son titre. Mais il nous explique dans cette interview avec l’historienne Aude Fauvel pourquoi il s’est intéressé à cette période sombre de la vie du couple, puisque c’est en Suisse, à la clinique de Prangins sur les hauteurs du lac Léman, que Zelda fut internée pour la première fois en 1930.

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Claudel-Louis – deux trajectoires d’artistes mortes à l’asile.

Le titre « Camille-Séraphine » aurait été plus compréhensible : en effet l’usage du prénom, et parfois du seul prénom, est de mise quand il s’agit d’évoquer des artistes femmes. Pour les artistes hommes au contraire, au siècle et dans le pays de ces deux artistes, c’est plutôt le seul nom de famille qui est utilisé. Afin de les rétablir dans leur statut d’artiste, elles seront ici Claudel et Louis, plutôt que Camille (Claudel) et Séraphine (Louis, qui signe parfois Louis-Maillard, noms de son père et de sa mère, dite Séraphine de Senlis).

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Le cinquantenaire des émeutes de Stonewall

En Marges – Bonjour Camille, nous commémorions en 2019 le cinquantenaire des émeutes de Stonewall, peux-tu nous expliquer ce qui s’est passé dans la nuit du 28 juin 1969 dans ce bar, le Stonewall Inn ?

Camille Morin-Delaurière – Le bar de Stonewall Inn est situé dans un quartier prisé par la culture de nuit homosexuelle sur Christopher Street à New York aux Etats-Unis. C’était un lieu de fréquentation éclectique de personnes LGBTQ – des lesbiennes et gais y fréquentaient des personnes trans, des travesti·es, des drag queens etc. – et d’autres populations marginalisées, qui venaient s’amuser et se rencontrer dans un des rares lieu de la ville où elles étaient acceptées. Dans la nuit du 28 juin 1969, une descente de police eut lieu.

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Les nourrices érotisées

L’érotisation de la figure de la nourrice au XVIIIe siècle

Cet article fait suite à celui-ci, sur la nourrice néfaste.

Il y a peu, la chercheuse en littérature Katell Lavéant publiait un billet sur le blog de la Société bibliographique de France dans lequel elle mettait en évidence qu’un texte érotique du XVIe siècle, La Source du gros fessier des nourrices, avait été republié à la fin du XVIIIe siècle en se donnant l’apparence d’être une édition du début du XVIIe siècle1Katell Lavéant, « Curieux mélanges : les fausses pistes chronologiques d’éditions de livres licencieux », Histoire du livre, https://histoirelivre.hypotheses.org/6215, consulté le 16 février 2020.. Cela nous montre la permanence de l’érotisation du personnage de la nourrice, qui avait donc la réputation d’avoir non seulement la poitrine mais aussi le fessier très développés, deux parties du corps féminin fortement érotisées dès la Préhistoire, si l’on en croit les sculptures de Vénus paléolithiques qui nous ont été transmises. 

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Récits de soi à la télévision : témoignages intimes de « filles-mères » dans les années 1960 et 1970

Pour beaucoup, elles ont longtemps illustré celles que l’on appelait couramment « les mauvaises filles » pour reprendre le titre de l’ouvrage de Véronique Blanchard et David Niget, Mauvaises filles : incorrigibles et rebelles1 Véronique Blanchard, David Niget, Mauvaises filles : incorrigibles et rebelles, Paris, Editions Textuel, 2016, p.191

Les jeunes mères célibataires, autrement dit les « filles-mères » représentaient pour la société française les coupables idéales qui devaient affronter, seules, le poids de « la faute », celle d’avoir couché avant le mariage. Dans les années 1960 et 1970, ce sujet restait un tabou, on ne souhaitait pas se marier avec une fille-mère, que l’on préférait ignorer et éviter. Isolées et rejetées par leur entourage, elles ont pourtant accepté de se confier à la télévision au sein d’émissions-documentaires questionnant leurs parcours, leurs regrets et leurs espoirs. 

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