Pour une lecture d’Ana Mendieta en sorcière queer et écoféministe

Ana Mendieta est une artiste cubano-américaine née en 1948 à La Havane et morte en 1985 à New York. Le Jeu de Paume présentait jusqu’au 27 janvier 2019 l’exposition imaginée par Lynn Lukas et Howard Oransky : « Ana Mendieta. Le temps et l’histoire me recouvrent », offrant ainsi l’opportunité de (re)découvrir le travail puissant et indéniablement moderne de l’artiste.

Performeuse, vidéaste, sculptrice, peintre, photographe, land-artiste, artiste corporelle, Mendieta jouait avec les genres, les courants et les médias artistiques, utilisant tous les moyens de création qu’elle rencontrait. Son œuvre plurielle, inclassable, hybride, peut être vue comme le reflet ou le prolongement de sa propre identité marginalisée, à l’intersection de différentes discriminations. Lire la suite

Solange te parle travail du sexe

Lundi 17 décembre apparaît sur la chaîne Youtube « SolangeTeParle », projet d’Ina Mihalache né en 2011, un court-métrage (18:50) au titre on ne peut plus explicite : « J’ai testé les services d’un escort ». Précédé par un teaser de moins de deux minutes qui avait été mis en ligne jeudi 13 décembre, ce court-métrage se veut également une expérience artistique qui inclut les réactions des spectateurs et des spectatrices. Lire la suite

De la sexualité avant l’Histoire de la sexualité ? Le Foucault de 1964.

La sexualité, cours donné à l’université de Clermont-Ferrand en 1964, est paru en octobre 2018 chez l’édition de Seuil. Dans ce cours, Foucault nous donne une vision panoramique des hypothèses qu’il approfondit plus tard dans les quatre volumes de l’Histoire de la sexualité. Son objectif est de comprendre la transformation de la sexualité comme un fait de la nature, comme une donnée biologique en discours. Lire la suite

Fiction historique : Procès-verbal d’arrestation d’un ecclésiastique sodomite au XVIIIe siècle – Myriam Deniel-Ternant

La brune 1Les rencontres masculines se font à la faveur de la pénombre, souvent peu de temps avant la fermeture du jardin, sur un horaire variable en fonction de la saison. Bibliothèque nationale de France (désormais BnF). Arsenal. Ms. 10 255. 17 juillet 1724 : « lorsque la brune seroit venu. » Le garde Federici, chargé de la surveillance des Champs Élysées à la fin du siècle confirme cette tendance entre chiens et loups, lorsqu’il écrit que « vers la brune, on trouve souvent de ces rôdeurs débauchés » (Federici Ferdinand, Flagrants Délits sur les Champs Élysées. Les dossiers de police du gardien Federici (1777-1791), présenté par Farge Arlette, Paris, Mercure de France, 2008, rapport du 30 mars au 6 avril 1778, p. 64). est venue et le jardin2Les jardins publics tels que le Luxembourg ou les Tuileries sont des espaces de racolage privilégiés, tant pour les hommes que les femmes car la police ne peut pas y effectuer d’arrestation (Pastorello Thierry, Sodome à Paris fin xviiie siècle-milieu xixe siècle, Grâne, Créaphis éditions, 2011, p. 61). Ils constituent des lieux de séduction privilégiés jusqu’en province (Bologne Jean-Claude, L’Invention de la drague. Une histoire de la conquête amoureuse, Paris, Seuil, 2010, p. 210). va bientôt fermer ses grilles. Les allées se vident des promeneurs3Sur la pratique de la promenade urbaine, champêtre ou méditative dans la France d’Ancien Régime, voir Dautresme Olivier, « La promenade, un loisir urbain universel ? L’exemple du Palais-Royal à Paris à la fin du xviiie siècle », in Histoire urbaine, n° 3, 2001/1, p. 83-102. venus profiter de la fraîcheur des arbres en cette fin d’été. Près des bosquets4BnF. Arsenal. Ms. 10 256. 11 février 1725 : « Le dit abbé se promenant sur les six heures du soir dans une des allées qui est aux environs des bosquets, y regardant avec affectation ceux qui passoient à costé de luy […]. », un quidam en habit ecclésiastique5Dans cette culture des apparences, le vêtement est un marqueur social (Roche Daniel, La Culture des apparences. Une histoire du vêtement. xviiexviiie siècles, Paris, Seuil, Points, 1991). Le port du vêtement ecclésiastique est une injonction officielle du concile de Trente, qui expose le contrevenant à la perte de son privilège clérical (Ferrière (de) Claude-Joseph, Dictionnaire de droit et de pratique contenant l’explication des termes de droit, d’ordonnances, de coutumes et de pratique, avec les jurisdictions de France, 1755 (1e éd. 1740), t. 1, art. « Habits ecclésiastiques », p. 1021-1022). Voir également Cottret Monique et Delumeau Jean, Le Catholicisme entre Luther et Voltaire, Paris, Presses universitaires de France, 1996 (1e éd. 1971), p. 354. Le port de la soutane est ainsi obligatoire, l’habit long dans l’exercice de ses fonctions, l’habit court pour les tenues de voyage. À la soutane de couleur sombre doit s’ajouter le rabat et éventuellement un manteau, également de couleur sombre. semble pourtant vouloir prolonger ses rêveries mélomanes. Lire la suite

Appel à contributions

Note d’intention

Cette revue appartient aux freaks, aux perver·se·s, aux fainéant·e·s et aux cyniques, aux extrêmes de toute la gauche, aux sorcières, aux malandrin·e·s, à ceux qui se prennent la tête et qui veulent changer le monde.

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