Présentation du festival à venir « Very Bad Mother »

Et si avoir des enfants était aussi subversif que de ne pas en avoir ? 

« Mauvaise mère », c’est un regard social culpabilisant multifacettes : le mother shaming. Ce jugement négatif s’applique aussi à celleux qui n’ont pas de gosses. On va tenter de comprendre ce que ça recouvre pendant le festival Very Bad Mother en avril 2020 à Concarneau.

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Se préparer à devenir mère : binge-watcher la série britannique Absolutely Fabulous

Lorsqu’elles déboulent pour la première fois sur le petit écran britannique le 12 novembre 1992, Patsy et Edina, le duo comique de la série TV Absolutely Fabulous diffusée initialement par BBC Two (puis en France par Canal plus, Canal Jimmy et Arte), tranchent avec les héroïnes de sitcom auxquelles les spectateurs étaient jusque-là habitués. Mues par leurs seuls instincts et plaisirs, ces femmes d’une quarantaine d’années boivent, fument, jurent, draguent, baisent, se droguent aussi parfois, en ressassant avec nostalgie l’époque libertaire révolue des Swinging Sixties. Créée par un duo, là aussi exclusivement féminin, formé par Jennifer Saunders et Dawn French, la série met en scène les tribulations professionnelles et les dynamiques familiales d’Edina, qui, assistée de sa meilleure amie Patsy, tente de se faire un nom comme chargée de relations publiques dans le milieu du showbiz et de la mode. Si elles réaffirment la liberté des femmes à disposer de leur existence (et de leurs corps) comme bon leur semble, les quadras d’Absolutely Fabulous témoignent aussi, via un registre parodique, de la persistance (ou de la réapparition sous de nouvelles formes plus branchées) d’angoisses typiquement féminines – surinvestissement de la sphère familiale, conformité aux canons de beauté, recherche frénétique d’un partenaire masculin – nourries et renforcées par des siècles de domination patriarcale. 

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Maternité…ou pas

Plus le temps passe et plus une pensée particulière me libère et m’anime, celle de savoir avec certitude que je ne veux pas d’enfants. Elle me donne pourtant bien du grain à moudre, la société n’oubliant jamais de me rappeler qu’elle ne trouve pas cette pensée acceptable. Mais qu’importe, elle est là, bien plantée et bien décidée à ne pas se laisser balayée par les conventions et les attentes d’autrui. Alors quand j’ai appris qu’un roman dont l’objet était justement d’exposer le questionnement le plus intime de son héroïne quant à son désir d’enfant, je l’ai tout de suite mis dans mes priorités de livres à découvrir. 

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La maternité, cet OFNI (Objet Féministe Non Identifié)

En France1L’expression OFNI est d’Yvonne KNIBIEHLER. In KNIBIEHLER, Yvonne, ARENA, Francesca, CID LÓPEZ, Rosa Maria (dir.): La maternité à l’épreuve du genre: Métamorphoses et permanences de la maternité dans l’aire méditerranéenne. Rennes: Presses de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, 2012., la norme procréative devient plus pressante2DEBEST, Charlotte, 2014, Le choix d’une vie sans enfant, Presses Universitaires de Rennes. à mesure que la réalité s’emploie à la désavouer. Dans cette maternité construite comme socialement désirable, Madame accouche, avant ses 40 ans, d’un garçon et d’une fille (« le choix du Roi »3Un fils assure la succession sur le trône, donc la longévité du pouvoir, tandis que le mariage d’une fille permet, en nouant des alliances, de renforcer sa puissance.), dans un couple stable, où Monsieur, qui a engendrés les bambins, contribue largement à doter le ménage de ressources suffisantes. Or les maternités contemporaines sortent très largement de ce cadre ! Les critères d’âge, de stabilité conjugale et de ressources sont challengés par le contexte socio- économique. Et les formes de maternités se multiplient : monoparentalité, belle- parentalité, homoparentalité, AMP sans don, don d’ovocyte, double don, GPA, adoption…Dans le même temps, les femmes nullipares4Nullipare : sans enfant., par choix (childfree) ou en situation d’infertilité (childless), gagnent en visibilité. 

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Ma mère, cette femme

En tant que filles nous avons besoin de mères qui veuillent leur propre liberté et la nôtre. Nous ne devons être vassales ni du refus de soi, ni de la frustration d’une autre femme. La qualité de la vie de la mère – qu’elle soit fortifiée ou sans défense – est le legs majeur qu’elle puisse faire à sa fille ; car une femme qui peut croire en elle-même, qui est une combattante et qui continue à lutter pour la création, autour d’elle, d’un espace vivable, démontre à sa fille que ces possibilités existent.  1 Adrienne Rich, , Naître d’une femme  – La maternité en tant qu’expérience et institution, Denoël – Gonthier, 1980, p 245.                

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