Les nourrices érotisées

L’érotisation de la figure de la nourrice au XVIIIe siècle

Cet article fait suite à celui-ci, sur la nourrice néfaste.

Il y a peu, la chercheuse en littérature Katell Lavéant publiait un billet sur le blog de la Société bibliographique de France dans lequel elle mettait en évidence qu’un texte érotique du XVIe siècle, La Source du gros fessier des nourrices, avait été republié à la fin du XVIIIe siècle en se donnant l’apparence d’être une édition du début du XVIIe siècle1Katell Lavéant, « Curieux mélanges : les fausses pistes chronologiques d’éditions de livres licencieux », Histoire du livre, https://histoirelivre.hypotheses.org/6215, consulté le 16 février 2020.. Cela nous montre la permanence de l’érotisation du personnage de la nourrice, qui avait donc la réputation d’avoir non seulement la poitrine mais aussi le fessier très développés, deux parties du corps féminin fortement érotisées dès la Préhistoire, si l’on en croit les sculptures de Vénus paléolithiques qui nous ont été transmises. 

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La nourrice néfaste, une figure de l’allaitement mercenaire sous Louis XVI

Le  règne de Louis XVI aurait été celui du triomphe de l’allaitement maternel. Selon les Mémoires de Félicité de Genlis, il s’agissait d’une mode devenue générale à la fin du siècle1 Félicité de Genlis, Mémoires inédits de Madame la comtesse de Genlis, Paris, 1825, t. X,  p. 254 . Dans les faits, Charles Kunstler l’avait déjà souligné2 Charles Kunstler, La Vie quotidienne sous Louis XVI, Paris, Hachette, 1950, p. 287-288. , cet engouement relève surtout du mythe et rares furent les femmes qui suivirent cet exemple. La France a continué à cultiver son exception et à refuser largement l’allaitement maternel pour lui préférer le recours à un réseau de nourrices toujours mieux organisé et de plus en plus patronné par l’Etat. 

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De la culture du viol dans la littérature libertine du XVIIIe siècle – Roxane Darlot-Harel

On sait que l’art européen du XVIIIè siècle est très marqué par la sexualité et l’érotisme. Cependant, sous prétexte qu’il s’agit d’art, on a parfois tendance à esthétiser le propos et à nier qu’il puisse avoir une autre portée. C’est ce que vous récusez en travaillant sur la culture du viol dans la littérature de la période. Vous essayez de montrer que ce n’est pas qu’un phénomène contemporain et que l’on peut bien parler de culture du viol au siècle des Lumières aussi.

Tout à fait, et j’irais même jusqu’à dire que le XVIIIe siècle a eu un rôle éminent dans l’histoire de la culture du viol. Lire la suite