Violenter les ventres

Originaire d’Amérique latine, l’expression de violence obstétricale désigne une forme spécifique de violence envers les femmes1 Roberto Castro, Joaquina Erviti, « 25 años de investigación sobre violencia obstétrica en México », Revista CONAMED, vol. 19, n. 1, janv.-mars 2014, p. 37-42, ISSN 1405-6704 ; Rodrigo da Silva Maia, Tereza Cristina Santos de Araújo, Eulália Maria Chaves Maia, « Violência Obstétrica: Apontamentos da Produção Científica », Saúde e Sociedade, Université de São Paulo, 2017, 2(3), p. 576-590 ; Silvia Bellón Sánchez, « La violencia obstétrica desde los aportes de la crítica feminista y la biopolítica », DILEMATA, Madrid, 7/18, 2015, p. 93-111, ISSN 1989-7022; « “Obstetric Violence and the Law”: British Academy Postdoctoral Research Fellow Camilla Pickles », 30 janv. 2017, URL: https://www.law.ox.ac.uk/centres-institutes/centre-criminology/blog/2017/01/obstetric-violence-and-law-british-academy (consulté le 31/05/19). . Elle consiste dans un traitement non respectueux de la liberté et de la dignité des femmes, de la part du personnel de santé. Elle entraîne des conséquences physiques ou psychologiques plus ou moins traumatiques et pérennes. Elle peut s’exercer durant le suivi de la grossesse, l’accouchement et le postpartum. Cette violence prend différentes formes : moqueries, réprimandes, insultes, menaces, ironies, manipulation ou limitation de l’information, humiliations, refus de certains traitements, abus de la médicalisation voire des actions violentes comme l’expression abdominale (pression sur le ventre pour aider à l’expulsion du fœtus). Nombre de ces actions sont normalisées dans les sociétés occidentales de tradition chrétienne où demeure l’idée que toute femme accouche nécessairement dans la souffrance. Ainsi, la notion de violence obstétricale est très large et elle doit être définie toujours par rapport à la femme en couches. La violence commence à partir du moment où celle-ci n’est pas écoutée, informée et consultée pour les actes qui vont être exercés sur son corps. Les femmes enceintes ne sont certes pas des médecins mais elles sont les plus à même d’évaluer leurs propres besoins et les risques qu’elles encourent pour elles-mêmes et leurs bébés. Or, comme le montrent plusieurs groupes et pages internet, elles sont très nombreuses à subir ces actes de violence durant la période périnatale. 

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