Produire la parole, l’entretien individuel en école d’art

Conversation entre Raphaël Julliard, anthropologue et artiste, et Maxime Thieffine, artiste et enseignant en école d’art.

Raphaël Julliard : Nous avons des discussions depuis plusieurs années sur le processus créatif, notamment sur le dialogue entre l’artiste et sa production, de part nos expériences d’artistes, de chercheur pour ma part et d’enseignant pour la tienne. Cette publication nous donne l’occasion de nous attarder sur la question de la pédagogie de l’art.

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Artistes – praticien·nes – théoricien·nes – pédagogues – étudiant·es

L’art et la pédagogie partagent de multiples questionnements. En témoigne la place des pédagogies dites «alternatives» ou «critiques» dans l’enseignement artistique, ainsi que la dimension proprement pédagogique de certaines démarches dans le champ des arts.

Cet entretien à quatre voix explore ces croisements dans le prolongement de collaborations antérieures, menées au travers d’activités artistiques, pédagogiques et éditoriales :
– Tombolo Presses et l’espace Ravisius Textor (Nevers), deux structures initiées par Thierry Chancogne ;
– Le projet La Bibliothèque grise porté par Jérôme Dupeyrat et Laurent Sfar, qui explore notamment la figure de l’artiste en étudiant ;
– La pratique artistique et les activités de recherche relatives à la co-création de Marie Preston.

À travers cette conversation, il s’agit d’explorer les affinités entre ces expériences, qui ont aussi en commun d’être chacune articulée avec des pratiques d’enseignement — en école d’arts appliqués (ÉSAAB Nevers), en école d’art (isdaT), d’architecture (ENSA Grenoble et Rouen), et à l’université (Paris 8).

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Fétichisation raciale : entretien avec Marc Jahjah

Juliette Lancel : Marc, tu es enseignant-chercheur à l’Université de Nantes en Sciences de l’information et de la Communication, mais tu es aussi bien plus que cela. Comment souhaites-tu te présenter au lectorat d’En Marges !

Marc Jahjah : « Enseignant-chercheur » ce n’est pas tellement réducteur, si on pense cette catégorie au-delà d’un statut professionnel ou administratif ! Certes, c’est de plus en plus compliqué, à cause des réformes qui touchent aujourd’hui l’université : on ne nous demande plus tellement d’accompagner des étudiant·es, de créer un espace où ils/elles viendraient se déplier, gagner progressivement en confiance. Il faut les « former », ou plutôt les aligner sur l’espace marchand et professionnel – cela dit, loin de moi l’idée qu’on devrait défendre des enseignements absolument éloignés de cet objectif ; c’est l’injonction généralisée qui m’interroge, comme s’il ne pouvait ou s’il ne devait y avoir de la place pour autre chose (pour d’autres ciels).

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