21 grammes

Tu ne peux ceindre mon cœur si tu ne peux encercler mes hanches
Trop de chair (dis-tu) trop de plis pour flotter
entre toi et le septième ciel

Je pourrais offrir à ta bouche son juste morceau
pas plus cela pourrait faire peur
Ton œil plus gros que mon ventre
n’en viendrait pas à bout
n’en ferait pas le tour
ne gagnerait le dos qu’avec un minimum
d’ardeur et de bonnes intentions

Read More

Chimères

Je ne me suis jamais considérée comme le sujet d’une image mais j’en ai déjà été l’objet. Être l’objet de, être érotisée, être fétichisée, c’est précisément ce à quoi me contraint le regard masculin.

De la même façon que je suis dépossédée de mon corps quand je suis agressée, je suis dépossédée de l’image de mon corps par le regard masculin.

Je suis aussi métisse, à moitié française, à moitié thaïlandaise, « farang » (occidentale) aux yeux des Thaïlandais.es, « asiatique » aux yeux des Français.es. Le regard d’autrui emprisonne, semble rendre impossible la libre définition de sa propre identité.

Je propose de répondre à cette violence du regard par une subversion de la sexualisation du nu. On fétichise mon cul, mes jambes ? Je les colle partout. On me catégorise comme « l’autre », je me revendique monstrueuse. Une désobéissance par excès de zèle.

Read More

Silence noir

Des fragments de rouges,
des morceaux de chair,
des bouts de vie,
des parcelles de corps.

Read More

Le corps de la honte

Je mange ma colère.


13 ans. Les pâtes froides dans le tupperware en plastique blanc. Les biscuits volés. Les litres de lait. 16 ans. La razzia par l’argent de poche et la planque dans les vestiaires de la piscine. Dix ans de bouffe trouble et de trouble dans la bouche.

Read More

Le corps trans est-il toujours hors-norme ?

Autobiographie transsexuelle (avec des vampires) de Lizzie Crowdagger comme exemple d’une possible normalisation du corps transgenre dans la littérature contemporaine

On définit le plus souvent la transidentité par la rupture entre un corps présentant des
caractéristiques physiques vues comme féminines ou masculines et le genre dans lequel une personne transgenre vit et se reconnaît. Ainsi, le corps d’une personne trans serait par définition toujours hors-norme, ce qui est également exploité dans les représentations dans l’art de la transidentité, notamment la littérature et au cinéma.

Read More

Habiter l’instabilité, vivre dans les interstices du monde

À Boris Nicolle, pour l’altérité
À Coline Fournout, pour la sororité
À l’ambivalence des mondes que nous portons, pour l’instabilité


Ce texte est particulièrement dédié à tou.tes celleux qui nous ont quittés, las de vivre dans un monde qui ne les désirait pas. Nous ne vous oublions pas.

En janvier 2020, j’ai présenté une communication dans le cadre d’une journée d’étude sur les enjeux socio-politiques de la mise en visibilité des corps hors-normes1Corps normal, corps idéal ? Enjeux sociopolitiques de la mise en visibilité des corps hors-normes :  https://www.univ-rennes2.fr/calendar_rennes2/event/14567. J’en avais retracé les grandes lignes lors de ma résidence au sein de la Villa réflexive2 https://reflexivites.hypotheses.org/category/2020/03-mars-2020-lena-dormeau. L’enjeu de cette communication était d’articuler deux notions centrales dans mes recherches que sont la subalternité et la liminarité. Empruntée au philosophe Antonio Gramsci, la notion de subalternité renvoie à la simultanéité de la subordination et de la résistance chez un individu3Elle désignera par extension la subordination-résistance de groupes subalternes face au groupe dominant dans la structuration hégémonique. Le concept de liminarité, tel que je l’emploie et le re-travaille actuellement, me permet de penser ce(lleux) qui se déplace(nt). De considérer que nos corps en mouvements sont des modes d’être et que le voyage permanent est un style relationnel. Que ce qui se niche entre, au seuil, sur la crête, à la limite, aux frontières, est d’une richesse phénoménale et que nous devons en prendre soin.

Read More

Entretien fictif avec Hervé Guibert

Il y a 28 ans disparaissait l’écrivain, journaliste et photographe Hervé Guibert. Homosexuel, proche de Michel Foucault, il meurt du sida à 36 ans, à Clamart, en région parisienne. Nous nous sommes demandé·es ce qui avait pu le motiver à exiger, par voie testamentaire, le transport immédiat de son cadavre sur l’île d’Elbe, en Italie. La question du corps étant au centre de ses élaborations littéraires, nous avons supposé que cette dernière volonté recouvrait des éléments signifiants et actifs de son œuvre comme de sa vie – tant les deux sont liées depuis son tout premier livre. Nous nous sommes donc rendu·es à Rio, commune où se trouve sa sépulture, où il a bien voulu nous accorder cet entretien.

Read More

Pour une lecture d’Ana Mendieta en sorcière queer et écoféministe

Ana Mendieta est une artiste cubano-américaine née en 1948 à La Havane et morte en 1985 à New York. Le Jeu de Paume présentait jusqu’au 27 janvier 2019 l’exposition imaginée par Lynn Lukas et Howard Oransky : « Ana Mendieta. Le temps et l’histoire me recouvrent », offrant ainsi l’opportunité de (re)découvrir le travail puissant et indéniablement moderne de l’artiste.

Performeuse, vidéaste, sculptrice, peintre, photographe, land-artiste, artiste corporelle, Mendieta jouait avec les genres, les courants et les médias artistiques, utilisant tous les moyens de création qu’elle rencontrait. Son œuvre plurielle, inclassable, hybride, peut être vue comme le reflet ou le prolongement de sa propre identité marginalisée, à l’intersection de différentes discriminations. Lire la suite

Solange te parle travail du sexe

Lundi 17 décembre apparaît sur la chaîne Youtube « SolangeTeParle », projet d’Ina Mihalache né en 2011, un court-métrage (18:50) au titre on ne peut plus explicite : « J’ai testé les services d’un escort ». Précédé par un teaser de moins de deux minutes qui avait été mis en ligne jeudi 13 décembre, ce court-métrage se veut également une expérience artistique qui inclut les réactions des spectateurs et des spectatrices. Lire la suite

metro de Mexico (Wikipedia)

Le frotteurisme dans le métro de Mexico : entretien avec Nicolas Balutet

  1. Qu’est-ce que le frotteurisme et pouvez-vous nous expliquer en quoi est-ce un problème dans le métro de Mexico ?

Le frotteurisme désigne une pratique sexuelle consistant pour un homme généralement à frotter ses parties intimes à une femme sans son consentement dans des lieux de promiscuité physique comme les discothèques, les files d’attente et, surtout, les transports publics et, ainsi, obtenir une excitation érotique. Lire la suite