Récits de soi à la télévision : témoignages intimes de « filles-mères » dans les années 1960 et 1970

Pour beaucoup, elles ont longtemps illustré celles que l’on appelait couramment « les mauvaises filles » pour reprendre le titre de l’ouvrage de Véronique Blanchard et David Niget, Mauvaises filles : incorrigibles et rebelles1 Véronique Blanchard, David Niget, Mauvaises filles : incorrigibles et rebelles, Paris, Editions Textuel, 2016, p.191

Les jeunes mères célibataires, autrement dit les « filles-mères » représentaient pour la société française les coupables idéales qui devaient affronter, seules, le poids de « la faute », celle d’avoir couché avant le mariage. Dans les années 1960 et 1970, ce sujet restait un tabou, on ne souhaitait pas se marier avec une fille-mère, que l’on préférait ignorer et éviter. Isolées et rejetées par leur entourage, elles ont pourtant accepté de se confier à la télévision au sein d’émissions-documentaires questionnant leurs parcours, leurs regrets et leurs espoirs. 

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La Maternité optionnelle : de la reconnaissance d’une identité

Etats-Unis, 1972. L’association à but non lucratif NON, National Organization for Non-Parents (Association Nationale pour les Non-Parents), est créée dans le but d’éduquer le public sur la parentalité optionnelle en tant qu’option de style de vie valide, soutenir ceux qui décident de ne pas avoir d’enfants et promouvoir la conscience du problème de la surpopulation. Par refus du sigle NON, l’association devient plus tard NAOP, National Alliance for Optional Parenthood (Alliance Nationale pour la Parentalité Optionnelle) et résiste jusqu’à 1982. Financé par de grandes fondations, on la décrit comme une association qui encourageait les jeunes à prendre des décisions réfléchies et responsables en ce qui concerne la parentalité, voulant diminuer l’impact des pressions sociales qui lient la parentalité au succès ou la maturité. 

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La maternité, cet OFNI (Objet Féministe Non Identifié)

En France1 L’expression OFNI est d’Yvonne KNIBIEHLER. In KNIBIEHLER, Yvonne, ARENA, Francesca, CID LÓPEZ, Rosa Maria (dir.): La maternité à l’épreuve du genre: Métamorphoses et permanences de la maternité dans l’aire méditerranéenne. Rennes: Presses de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, 2012. , la norme procréative devient plus pressante2 DEBEST, Charlotte, 2014, Le choix d’une vie sans enfant, Presses Universitaires de Rennes. à mesure que la réalité s’emploie à la désavouer. Dans cette maternité construite comme socialement désirable, Madame accouche, avant ses 40 ans, d’un garçon et d’une fille (« le choix du Roi » 3Un fils assure la succession sur le trône, donc la longévité du pouvoir, tandis que le mariage d’une fille permet, en nouant des alliances, de renforcer sa puissance. ), dans un couple stable, où Monsieur, qui a engendrés les bambins, contribue largement à doter le ménage de ressources suffisantes. Or les maternités contemporaines sortent très largement de ce cadre ! Les critères d’âge, de stabilité conjugale et de ressources sont challengés par le contexte socio- économique. Et les formes de maternités se multiplient : monoparentalité, belle- parentalité, homoparentalité, AMP sans don, don d’ovocyte, double don, GPA, adoption…Dans le même temps, les femmes nullipares4Nullipare : sans enfant., par choix (childfree) ou en situation d’infertilité (childless), gagnent en visibilité. 

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Maternité…ou pas

Plus le temps passe et plus une pensée particulière me libère et m’anime, celle de savoir avec certitude que je ne veux pas d’enfants. Elle me donne pourtant bien du grain à moudre, la société n’oubliant jamais de me rappeler qu’elle ne trouve pas cette pensée acceptable. Mais qu’importe, elle est là, bien plantée et bien décidée à ne pas se laisser balayée par les conventions et les attentes d’autrui. Alors quand j’ai appris qu’un roman dont l’objet était justement d’exposer le questionnement le plus intime de son héroïne quant à son désir d’enfant, je l’ai tout de suite mis dans mes priorités de livres à découvrir. 

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La nourrice néfaste, une figure de l’allaitement mercenaire sous Louis XVI

Le  règne de Louis XVI aurait été celui du triomphe de l’allaitement maternel. Selon les Mémoires de Félicité de Genlis, il s’agissait d’une mode devenue générale à la fin du siècle1 Félicité de Genlis, Mémoires inédits de Madame la comtesse de Genlis, Paris, 1825, t. X,  p. 254 . Dans les faits, Charles Kunstler l’avait déjà souligné2 Charles Kunstler, La Vie quotidienne sous Louis XVI, Paris, Hachette, 1950, p. 287-288. , cet engouement relève surtout du mythe et rares furent les femmes qui suivirent cet exemple. La France a continué à cultiver son exception et à refuser largement l’allaitement maternel pour lui préférer le recours à un réseau de nourrices toujours mieux organisé et de plus en plus patronné par l’Etat. 

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« Naître » Mythologie personnelle d’une artiste-chercheuse, enfant trop curieuse.

Quand j’étais petite fille, j’éprouvais une curiosité toute particulière pour un livre qui trônait dans la bibliothèque familiale, et qui m’était bien évidemment interdit, « Naître ». Cet ouvrage de Lars Hamberger et Nilsson Lennart avait pour ambition à l’époque de sa publication ( 1990 ) d’offrir une lecture scientifique mais vulgarisée de la grossesse, de la conception à l’accouchement. Il est illustré de nombreuses photographies allant des fœtus in utero au post-partum. 

Très jeune, bien avant l’âge de 10 ans, et avant de réellement savoir « comment on fait les bébés », j’ai été confrontée à ces images de femmes en plein d’accouchement, mais surtout à leurs vulves. Des vulves ouvertes et rougies, d’où émergeaient des crânes déformés de nouveaux-nés. Ces images ont été la première vision que j’ai eu d’une vulve. À force de compulser « Naître », toujours en cachette mais avec un accord maternel tacite voir encouragé, je me suis conditionnée à voir la vulve, non pas comme le lieu du sexuel, mais comme le lieu de l’accouchement. 

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Se préparer à devenir mère : binge-watcher la série britannique Absolutely Fabulous

Lorsqu’elles déboulent pour la première fois sur le petit écran britannique le 12 novembre 1992, Patsy et Edina, le duo comique de la série TV Absolutely Fabulous diffusée initialement par BBC Two (puis en France par Canal plus, Canal Jimmy et Arte), tranchent avec les héroïnes de sitcom auxquelles les spectateurs étaient jusque-là habitués. Mues par leurs seuls instincts et plaisirs, ces femmes d’une quarantaine d’années boivent, fument, jurent, draguent, baisent, se droguent aussi parfois, en ressassant avec nostalgie l’époque libertaire révolue des Swinging Sixties. Créée par un duo, là aussi exclusivement féminin, formé par Jennifer Saunders et Dawn French, la série met en scène les tribulations professionnelles et les dynamiques familiales d’Edina, qui, assistée de sa meilleure amie Patsy, tente de se faire un nom comme chargée de relations publiques dans le milieu du showbiz et de la mode. Si elles réaffirment la liberté des femmes à disposer de leur existence (et de leurs corps) comme bon leur semble, les quadras d’Absolutely Fabulous témoignent aussi, via un registre parodique, de la persistance (ou de la réapparition sous de nouvelles formes plus branchées) d’angoisses typiquement féminines – surinvestissement de la sphère familiale, conformité aux canons de beauté, recherche frénétique d’un partenaire masculin – nourries et renforcées par des siècles de domination patriarcale. 

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Présentation du festival à venir « Very Bad Mother »

Et si avoir des enfants était aussi subversif que de ne pas en avoir ? 

« Mauvaise mère », c’est un regard social culpabilisant multifacettes : le mother shaming. Ce jugement négatif s’applique aussi à celleux qui n’ont pas de gosses. On va tenter de comprendre ce que ça recouvre pendant le festival Very Bad Mother en avril 2020 à Concarneau.

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Ma mère, cette femme

En tant que filles nous avons besoin de mères qui veuillent leur propre liberté et la nôtre. Nous ne devons être vassales ni du refus de soi, ni de la frustration d’une autre femme. La qualité de la vie de la mère – qu’elle soit fortifiée ou sans défense – est le legs majeur qu’elle puisse faire à sa fille ; car une femme qui peut croire en elle-même, qui est une combattante et qui continue à lutter pour la création, autour d’elle, d’un espace vivable, démontre à sa fille que ces possibilités existent.  1 Adrienne Rich, , Naître d’une femme  – La maternité en tant qu’expérience et institution, Denoël – Gonthier, 1980, p 245.                

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